À quoi sert de comparer les mensualités dans un tableau croisé

Lorsque la mensualité calculée sur le crédit envisagé se révèle trop élevée, deux leviers sont essentiellement disponibles : emprunter moins — donc augmenter l'apport — ou répartir le remboursement sur un nombre différent d'échéances. Le problème est que ces deux leviers agissent très différemment, et les évaluer l'un après l'autre conduit facilement à des conclusions erronées.

Réduire le capital abaisse la mensualité de façon proportionnelle : à durée et taux égaux, emprunter 10 % de moins signifie une mensualité inférieure d'exactement 10 %. Allonger la durée abaisse aussi la mensualité, mais alourdit nettement les intérêts totaux, et le plafond de 25 ans recommandé par le HCSF limite de toute façon cette marge de manœuvre. Ce tableau croise les deux dimensions d'un seul coup, pour repérer les combinaisons qui tiennent sous la mensualité que vous pouvez assumer.

Exemple : sur 150 000 € à 3,5 % en 240 mensualités, la mensualité est d'environ 869,94 €. En ramenant le capital à 130 000 €, elle descend à environ 753,95 € ; en conservant les 150 000 € mais en passant à 180 échéances, elle monte à environ 1 072,32 €. Les cellules mises en évidence sont celles qui restent égales ou inférieures à la mensualité de départ.

La même comparaison est utile pour évaluer un rachat ou une renégociation : à la place du capital initial, saisissez le capital restant dû du prêt en cours et, à la place de la durée d'origine, les échéances qu'il vous reste. Le tableau montre alors ce que vous paieriez en raccourcissant le plan ou après un remboursement partiel anticipé — en gardant à l'esprit que l'opération suppose de nouveaux frais de garantie et une nouvelle assurance.

Erreurs fréquentes

  • Ne regarder que la mensualité : une durée plus longue l'abaisse, mais augmente le total des intérêts payés sur l'ensemble du crédit, et l'assurance, souvent calculée sur le capital initial, court elle aussi plus longtemps.
  • Oublier que le capital empruntable dépend de l'apport et du taux d'effort : les frais de notaire restent le plus souvent à votre charge, et la mensualité assurance comprise est en principe plafonnée à 35 % des revenus.
  • Supposer que le taux reste identique quand la durée change : les banques appliquent des barèmes différents par tranche de durée, et le TAEG doit rester sous le taux d'usure en vigueur. Comparez donc des offres réelles plutôt qu'une hypothèse unique.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le comparateur de mensualités ?

C'est une comparaison à double entrée : un tableau affichant le montant de la mensualité pour chaque combinaison de capital emprunté et de nombre d'échéances, à partir de votre scénario et en réduisant progressivement les deux grandeurs du pas que vous définissez.

Pourquoi la mensualité augmente-t-elle quand la durée diminue ?

Parce que le même capital, majoré des intérêts, est réparti sur un nombre de paiements plus faible : chaque échéance doit donc supporter une part de capital plus élevée. En contrepartie, le total des intérêts payés diminue, la dette courant moins longtemps.

La mensualité baisse-t-elle proportionnellement au capital ?

Oui : à taux, durée et périodicité identiques, la mensualité est directement proportionnelle au capital financé. Emprunter 20 % de moins produit exactement une mensualité inférieure de 20 %. Ce n'est en revanche pas le cas pour la durée, dont l'effet n'est pas linéaire.

Le tableau tient-il compte de l'assurance emprunteur ?

Non : les montants affichés couvrent le seul remboursement du capital et des intérêts. L'assurance, généralement calculée sur le capital initial, s'ajoute à chaque mensualité et doit être intégrée avant de comparer une combinaison à votre budget réel.

Comment fonctionne ce calcul

Chaque cellule applique la formule de la mensualité constante R = C × i / (1 − (1 + i)^−n), où C est le capital de la ligne, n le nombre d'échéances de la colonne et i le taux d'intérêt par période, obtenu en divisant le taux annuel par le nombre de périodes dans une année (12 pour des mensualités, 4 pour des échéances trimestrielles, 3 pour des quadrimestrielles, 1 pour des annuelles). Les lignes appliquent C − ΔC × ligne, les colonnes n − Δn × colonne, en s'arrêtant lorsque la valeur atteint zéro.